samedi 13 février 2016

Dans la caverne de Dieter, à la recherche de portes anciennes pour habiller mes futurs intérieurs. 

Chaque histoire commence forcément par une porte, celle qui va délimiter l’intérieur de l’extérieur, comme un passage initiatique entre deux mondes pour nous mener au coeur de l’intime.

«  la poétique de la porte subtilement déclinée procure un sentiment de liberté inattendu, un accord entre l’être et le lieu. Les portes  se succèdent telle une invitation au sein de l’espace insulaire de la maison et nous conduisent au coeur - au coeur des lieux et des êtres. Fermées ou ouvertes, elles ont la force et la puissance d'un monde intérieur.»





1. La Porte au Coeur de l'Intime de Georges Banu - édition Arléa


vendredi 5 février 2016

Touchée au coeur par le texte de mon amie Katia sur son blog littéraire "J'attends" 

Fenêtres irisés et lointains de cristal


Je dis : ma Mère. Et c’est à vous que je pense, ô Maison !
Maison des beaux étés obscurs de mon enfance
Oscar Milosz



Ca commence par une question, obsédante, lancinante, une question qui revient inlassablement et qui jamais ne s'épuise. Qu'est-ce qu'une maison ? Qu'est-ce que la maison ? Je me demande aujourd'hui ce qui fait la magie des maisons dessinées par Marianne Evennou, magie qui ne se sent pas toute entière dans les images mais qui s'impose dans le réel. Une phrase de Gaston Bachelard m'indique un chemin. "L'enfance est certainement plus grande que la réalité." Oui c'est peut-être cela, ce qui fait l'essence des maisons de Marianne, la disparition de toute échelle, le brouillage des repères, le basculement dans un territoire au-delà du réel, au-delà des frontières de la géométrie naturelle. Elle redonne aux appartements parisiens qui ne sont qu'horizontalité, la verticalité qui leur manque. Elle rend à un studio de 11m2 aussi bien qu'à un loft démesuré la cave et le grenier, la rêverie de l'enfant qui s'ennuie à l'attique comme la cachette du chat qui pelote(mémoire des chats vagabonds qu'elle recueillait dans sa cave en cachette des adultes ?). Ce qui frappe quand on entre dans son minuscule pied à terre parisien c'est qu'il ne dit rien de ses dimensions, il serait impossible sans être géomètre de lui assigner une surface tant il invite, au coeur de la ville, dans une maison de campagne de théâtre avec cheminée, garde-manger sur la cour intérieure, alcôve où cacher ses lectures, bureau-bibliothèque-cabinet de curiosités, salon de bain tout en douceur. La maison est "corps de rêveries", moins son souvenir est précis, défini, caractérisé et plus elle accède à l'essence de son être nous dit Bachelard. C'est bien cela... La maison de Mariannne est dans "le flou et le fou".  Elle ne s'ancre pas dans le réel, elle l'effleure. Alors quoi, comment? Par les couleurs fanées savamment choisies qui évoquent la salle à manger d'une maison de province, l'antre secret d'un amoureux de lanterne magique. C'est une rêveuse de rideaux et de plis, un pan de tissus cache ou dévoile un espace insoupçonné. Un ciel de lit protège le dormeur des fantômes de la nuit. Aucun espace ne peut se suffire de n'être que ce qu'il est mais doit s'accroitre et se plier à son désir. Une bibliothèque se fait cathédrale, un monte-charge bibliothèque, un réduit dérobant d'anciens tuyaux de cheminée la niche d'un poêle à bois, et c'est tout l'espace qui bascule dans la mémoire des ateliers d'artistes du début de siècle, ouvrant des ressources insoupçonnées à notre conscience des volumes. Pas ou peu de fenêtres ? L'oeil de la maison sera non pas à l'extérieur mais à l'intérieur. Si elle a le pouvoir de faire advenir la verticalité, elle a aussi celui de renverser les catégories usées du dedans et du dehors. Elle fait exploser les représentations de l'habitus. Elle défamiliarise. Le plan de travail de la cuisine devient escalier, le patio intérieur ouverture sur le dehors, les fenêtres des écrans qui dessinent le monde à son envie. Car cette faiseuse d'images travaille l'intérieur avec le souffle de l'extérieur, ce n'est rien moins que le ciel de Paris qu'elle fait entrer sous les toits, et le vent bruire dans les chenets. Ce n'est pas une formule, c'est le produit d'une rêverie profonde, de celle qui transmute la matière. Le ciel et le sol se renversent parfois pour refléter des pas qui se logent dans le bien-être heureux d'un espace aux frontières indéfiniment repoussés à la limite du possible et du rêvé, entre mémoire et réalité. Il y a dans les maisons de Marianne des "privilèges de profondeur" qui rendent à n'importe quel réduit sa cosmicité. A Paris les maisons n'ont pas de racines, Marianne naturalise nos chambres des villes, leur restitue une simplicité primitive, leur rend leur fonction première de nid, de coquille. Faisant sienne la formule de Rimbaud "Tout ce qui brille voit", ses maisons sont des bougies allumées dans la nuit, des étoiles qui brillent sur l'asphalte. Les éclairages à profusion de ses intérieurs donnent à celui qui les maitrise le jour ou la nuit, l'aube ou le crépuscule. La maison se fait paupière, "la lampe à la fenêtre oeil". Sa cabane étincèle de tout son dépouillement, mais chacun des objets en apparence dérisoires qui font de sa maison une maison-monde, coquillages ramassés sur une plage, cailloux choisis entre tous sur mille chemins de forêt, brindilles et branches hautes, dessins, photo-collages et croquis découvrent un paysage qui abolit murs et cloisons. Si les parois de papier murmurent, tremblent et se déchirent dans la tempête, c'est pour mieux renforcer la valeur de refuge de sa maison toujours ouverte.


Texte de mon amie Katia inspiré de la lecture de Gaston Bachelard La Poétique de l'espace et titre arraché au poème d'Oscar Milosz Insomnie


Arthur Rimbaud, "Nacre voit", Album Zutique

Photo-collage © Marianne Evennou pour J'attends...

dimanche 24 janvier 2016



lundi 18 janvier 2016

Mettre de la distance avec le quotidien et faire une pause sous les tropiques. Donner le goût du sel de la mer à la vie, se laisser dorer par les rayons du soleil, écouter les vagues se briser et les oiseaux faire leurs vocalises. Partir à la recherche de petits trésors insignifiants, rapportés comme autant de trophées de jours heureux, et ne jamais oublier d’admirer les cabanes du bout du monde comme les palais patinés et usés par une histoire coloniale à la fois fascinante et terrifiante ainsi que toutes les maisons d’ailleurs qui font vibrer par cette touche d’exotisme que j’aime tant. Respirer à plein poumon le bonheur de recevoir en offrande un petit bout de ce monde métissé qui vous réchauffe la tête et le corps et revenir avec un pincement au coeur dans le froid de l’hiver parisien.


mercredi 30 décembre 2015

crazy happy new year 2016 !


dessin à l'encre de Franck Evennou

dimanche 27 décembre 2015

Chez Anne-Marie

11 M2 dans le 11ème



Vivre dans petit, le dernier chic !

Surfer sur l’air du temps, ne pas s’entraver avec des surfaces qui plombent le porte monnaie et la tête, avoir le pied marin et une mini suite dans chaque port, voilà une nouvelle façon de vivre : légère et libre. 

Mon amie de toujours, Anne-Marie, l’a bien compris. Elle voulait un port d’attache dans le 11ème arrondissement avec un cahier des charges précis : pas de voisin, une vue sur les toits de Paris, du soleil et le calme. Elle n’avait pas prévu si petit - je la vois encore se demander quelques semaines plus tôt comment on pouvait vivre dans 11 m2 lorsque j’ai fait le mini palace pour Catherine - mais hormis ce détail, tout y était.

L’impulsion l’a emporté sur la raison : ce sera la cabane-cabine perchée ! A moi d’inventer les m2 qui manquent…

J’avais carte blanche pour faire entrer avec un chausse-pied tout un confort de vie pour une habituée des grands appartements bruxellois : un dressing, un espace chambre/lecture sous les toits, un salon avec un canapé/lit d’appoint, un bureau, une entrée avec son placard, la cuisine et la salle de bain.

Couleurs douces pour tempérer le caractère bouillonnant de mon amie artiste et l’envelopper d’un  nuage de sérénité. Murs qui reflètent les oeuvres de la maitresse des lieux et répondent aux bleus des cieux environnants. Une chasse effrénée au moindre cm à exploiter. Une nécessité absolue d’aller à l’essentiel et de ne pas s’entraver avec le superflu.  Comment vivre dans 11 m2 ? Plutôt bien !














carreaux  Mosaïc Del Sur, applique Wo&Wé, coussins et draps Le Monde Sauvage, couette rayée Tensira, tabouret africain Caravane, tapis Muskhane , tables basses Mater Bowl, encadrement Béatrice Carette

Pour découvrir les oeuvres d'Anne-Marie, cliquez sur ce lien.

mardi 22 décembre 2015

chez Katharina et Jean-Cyril

Un pied à terre parisien de 25 m2 pour Katharina et Jean-Cyril à proximité du Marché des Enfants Rouges pour pouvoir manger un coucous chez Omar, des graines chez Nanashi, des crêpes au Café Breitz, un sandwich chez Caractère de Cochon ou un plat du jour qui tient au corps au Bougnat. Après, pour faciliter la digestion, une petite promenade selon l’humeur au Musée de la Chasse, au Musée Picasso, au Musée Carnavalet, à Beaubourg ou dans les galeries alentours (sans oublier les centres culturels Suisses et Suédois). Et puis, un petit détour par le rayon quincaillerie du BHV pour rester connecté aux petits tracas de la vie quotidienne. Et les jours de décadence et de frivolité, un goûté chez Merci ou Plisson. Nous sommes dans l’épicentre de Paris, le 7ème ciel pour citadin branché. 

Katharina et Jean-Cyril sont citoyens du monde, ils se sont rencontrés à New York, vivent en Suisse et gardent un coin de leur coeur à Paris, précisément dans cet épicentre qui vibre sous les ondes artistiques. Katharina est historienne d’Art et Jean-Cyril écrit des scénarios. Du coup, nous nous sommes fait un film de cet appartement. Il devait traverser les époques, remonter le temps, partir du XVIIIème avec ses tomettes d’époque pour finir sa course par des carreaux contemporains suédois fabriqués à Marrakech, faire un arrêt sur les années 50 et l’esprit scandinave pour terminer par un zoom sur la culture nomade du Sahara avec quelques tapis Berbères et suspensions en osier. Les tâches de Rorschach, les miroirs "Morning", les livres sont autant de fenêtres sur  un monde intérieur.  En écho au mur de "l'introspection", la fresque géométrique directement peinte sur le mur donne le "La" à la petite musique des lieux. Le canapé et le bureau respectivement longs de 3 mètres se moquent des M2 et murmurent :  small is great !






















Miroirs Morning, applique Wo&Wé, petites appliques Atelier Areti, suspensions en osier 5 étoiles chez Mona Market, careaux ciment Marrakech Design, fauteuils Paola Navone pour Baxter chez Merci, tabourets Nicolle, tissus de la banquette : Caravane et Etamine, tapis Ada, tabouret en carton Perigot, tables gigogne galerie Anders Hus





dimanche 20 décembre 2015

Un dimanche après-midi at home... 
Noël dans 5 jours, oh là, là !





photo 1 matelas et coussins Tensira
photo 2 Côté Paris et Milk décembre 2015
photo 3 vases Debbie Wijskamp
photo 4 sculpture Lotus Franck Evennou, céramique Nobue Ibaraki chez Craftslab